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Connaissance de soi

Quel élève étiez-vous ?

Qu’est-ce qui aurait pu faciliter votre apprentissage à l’école ou à la maison ?

Des blogueurs reviennent sur leurs souvenirs d’écolier…

Mon parcours artistique : devenir une artiste

Cet article participe à l’évènement « quel élève étiez-vous, qu’est-ce qui aurait pu faciliter votre apprentissage à l’école ou à la maison ? Des blogueurs reviennent sur leurs souvenirs d’écolier » du blog des-outils-pour-apprendre.com.
J’apprécie beaucoup ce blog et c’est pourquoi j’ai souhaité participer à cet évènement et partager avec vous mon article préféré de ce blog qui est cette activité extra scolaire qui fait du cerveau un super champion.

Le sujet de l’école me tient beaucoup à cœur car j’ai choisi un parcours artistique qui a été parfois assez douloureux pour moi. Pour la plupart d’entre nous, les choix que nous ferons durant cette période seront déterminants pour notre vie.

Quelle pression si jeune !

Les parents s’amusent très tôt à faire des pronostiques sur le futur métier de leur enfant ou à projeter leurs ambitions, voir à imposer un métier. Derrière cela des peurs, parfois de fausses croyances ou de mauvaises expériences personnelles.

Déjà quand ils sont tout petits, on sonde nos enfants : « alors tu veux faire quoi plus tard ?? ». 

On pense très tôt à leur orientation

ce que nous aimerions de mieux pour eux par rapport à notre propre expérience, les difficultés et les échecs que nous avons vécues.

La société évolue avec son temps.

Une personne ne reste pas dans un même métier ou dans une même entreprise toute sa vie. Les mentalités changent. Les gens recherchent le bien-être dans leur vie privée et dans leur activité professionnelle.

Les créations d’entreprises individuelles sont en hausse constante. En 2018, 691 000 entreprises ont été créées en France, soit 17 % de plus qu’en 2017. Les immatriculations de micro-entrepreneurs sont particulièrement dynamiques (+ 28 %) comme les créations d’entreprises individuelles classiques (+ 20 %). Les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans en 2018. Quatre créateurs d’entreprises sur dix sont des femmes.* Les gens créent de plus en plus leurs entreprises mais aussi que ce soit par choix ou contraint, un actif entrant aujourd’hui sur le marché du travail changera en moyenne 4,5 fois d’employeur dans sa vie.*

Choisir un parcours artistique

Quand on choisit, comme moi, de devenir artiste, le parcours est difficile. Vraiment difficile.

J’ai toujours été une enfant assez « rebelle ». J’ai toujours ressenti ma différence. Je n’étais jamais au bon endroit ou dans le bon sens. Et cela a fait grandir en moi mon manque de confiance mais aussi ma détermination. J’ai beaucoup appris de ces situations qui ont parfois été assez difficiles.

On dit souvent qu’il faut être dans une sorte de souffrance pour créer. Qu’un artiste n’est pas un métier mais une vocation. Qu’un artiste est pauvre. Bref qu’il faut souffrir pour être artiste !

Merci pour ces charges émotionnelles et ces croyances sociales ! 

Pour ma part, je le ressens comme une vocation depuis l’enfance et j’en ai fait un métier. Un métier qui me procure du plaisir et avec lequel je gagne ma vie.

À l’école comme à la maison, je me sentais incomprise mais au-delà de cela, j’avais envie d’être libre. Et je crois que mon choix de devenir artiste était cette envie vitale de liberté.

À l’école, je me rappelle d’une anecdote douloureuse qui a marqué ma scolarité. J’étais en CE2 et j’avais eu une mauvaise note. La maitresse avait ouvert une porte qui donnait sur une autre classe, celle de la directrice de l’école. Elle avait dit à haute voix pour que les élèves des 2 classes entendent bien, qu’il ne fallait surtout pas faire comme cette petite fille (moi en l’occurrence) d’avoir de mauvaises notes, etc … Je me rappelle de ne pas avoir compris tout de suite de qui elle parlait … Cette expérience a été très traumatisante et m’a suivi pendant très longtemps. Cette maitresse m’avait cataloguée à 7 ans en voulant me briser. Elle savait déjà qui j’étais et qui je deviendrais. Ma maitresse avait dit à ma mère que plus tard, je serais une manuelle...

C’est vrai que je n’étais pas la dernière à préférer m’amuser et j’inventais souvent des stratagèmes pour ne pas faire mes devoirs au grand dam de ma mère !

Je me rappelle en 4e, au collège, j’avais copié sur ma voisine et ma professeure de Sciences physiques avait dit à mes parents que je finirais sur le trottoir si je continuais à tricher … ce professeur était sans doute en plein burn-out mais cela n’excusait pas de telles paroles !

Le choix d’études artistiques

Bref après un parcours à l’école primaire et au collège difficile, j’ai demandé à mes parents d’entrer dans une école d’Art. Le frère d’une copine était dans l’école qui me faisait rêver.

J’ai eu beaucoup de chance que mes parents m’aient laissé réaliser les études que je souhaitais, et ce bien que nous ne connaissions presque rien au monde de l’art, ni aux débouchés professionnels du parcours artistique que j’entamais. D’ailleurs, je me rappelle que le directeur nous avait dit que le parcours était très difficile. 

Faut-il choisir à la place de son enfant ?
Le forcer à faire ce qui nous semble meilleur pour lui ?
Ou le laisser vivre ses rêves ? 

Pour ma part, je n’ai pas été confronté à tous ces doutes. Je savais où je voulais aller, ce que je souhaitais faire, même si la vision que j’avais construite dans mon esprit était très romantique.
La plupart des enfants ne savent pas ce qu’ils veulent faire. A 18 ans, on leur demande de faire un choix, sans avoir aucune expérience.

Je pense que l’école publique ne sait pas préparer et accompagner ses élèves à trouver leurs voies.

Je pense souvent à un ami qui habite aujourd’hui Chicago et qui est ingénieur. Ses parents l’ont forcé à faire des études d’ingénieur pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Il a une vie de rêve, il gagne plus que bien sa vie et réside dans une grande villa avec du personnel.

Mais est-il épanoui dans son métier ? Est-il fier de son parcours ?

L’argent parfois devient le confort et remplace la vocation ou éteint la passion.

Que fait-on quand on n’est pas fait pour faire des études classiques ?
Comment peut-on s’en sortir si l’on ne rentre pas dans les cases ?

Tous les enfants dessinent quand ils sont petits.

Ils adorent ça et s’expriment par les pratiques artistiques. C’est la base de l’apprentissage.

On apprend à dessiner une lettre. On apprend à exprimer ce que l’on ressent en dessinant.

C’est pour cela qu’adulte, ils souhaitent revenir au dessin. Ils se rappellent combien ils se sentaient bien quand ils dessinaient. Ils se sentaient libres. Enfant, ils ont appris à être, à s’exprimer par le dessin et par les pratiques artistiques.

En France, les pratiques artistiques ne sont pas valorisées

Au collège, au profit d’autres disciplines comme les Mathématiques ou le Français, les pratiques artistiques ne sont plus du tout valorisées. C’est à peine si elles sont au programme. Il en va ainsi de l’apprentissage du dessin comme de la musique.

Pourtant l’art est l’équilibre. La musique, le dessin, sont des formes d’expression de soi et donc des modes de communication. Laisser exprimer ces enfants par une pratique artistique est de l’ordre de l’équilibre.

On aurait tord de sous-estimer les bienfaits de l’art sur le fonctionnement du cerveau !

En entrant à l’École Estienne, je me suis sentie tout de suite bien. J’étais avec des personnes qui me ressemblaient et qui me plaisaient. Cette école m’a permis d’expérimenter un maximum de savoir-faire et d’aiguiser mon œil mais …
Mon diplôme en poche et une année à l’École des Beaux-Arts, les choses ont commencé à se corser.

Sortir d’une école d’art

À ce moment-là, il n’y avait pas de réseautage professionnel ou de réelle projection dans un métier. Nous étions plutôt dans notre bulle. On nous disait combien notre école était réputée. Nous étions des artistes mais en réalité nous n’étions pas du tout prêts et conscients du monde du travail qui nous attendait.
L’École Estienne proposait une formation assez libre et complète des techniques d’art et d’artisanat d’art mais rien pour nous donner un bagage solide pour gagner notre vie. 

Quand je repense à mon parcours, je pense que ces écoles (École Estienne, juste une des meilleures écoles publiques d’art en France et l’École des Beaux-Arts), ne m’ont pas préparé à travailler, à trouver un travail, à vivre de mon métier.
En sortant de mes études artistiques, je ne savais pas quoi faire et comment m’y prendre. Je me suis orientée vers le graphisme et fort heureusement, j’avais un peu de bagou car je ne savais rien faire… et j’ai appris ce métier. Après plusieurs années dans ce domaine, j’ai décidé de changer et de travailler sur le terrain, dans les musées où j’assistais des artistes. J’ai aussi fait plein de « petits boulots ». J’ai travaillé par la suite dans le cinéma puis dans la décoration. 

L’artiste entreprend !

J’ai une expérience professionnelle très riche et j’ai toujours travaillé en parallèlement ma production artistique. J’expose et je vends mon travail depuis 2004. J’ai utilisé beaucoup de techniques. Je me suis toujours sentie comme une autodidacte. C’est aussi pour cela que je n’ai pas peur de dire que je suis artiste. Ce mot qui a parfois une histoire lourde à assumer bien qu’il soit destiné à la notion de liberté. 

En 2013, je me suis intéressée à l’entreprise. Je me suis formée et j’ai créé une marque où je réalisais, en séries limitées, de la papeterie, des sacs et des tee-shirts. J’ai appris à créer des produits jusqu’à la commercialisation.

J’ai aujourd’hui une société où je réalise des œuvres sur-mesure pour des hôtels et des restaurants. Elle me permet de travailler en équipe sur des projets de grande envergure et de créer pour la vision de mes clients. 

Parallèlement, je dispense de cours de dessin à des enfants, à des adolescents et à des adultes.

Moi aussi, je fais l’école ! 

Un métier tellement puissant ! J’apprends tellement de mes élèves.
Lors d’une conférence, j’avais entendu un artisan d’art dire, avec une grande humilité, que pour lui c’étaient les élèves qui faisaient l’enseignant. Je suis tellement d’accord avec cela. C’est grâce aux difficultés partagées et aux questions que le professeur peut enseigner son art.

Cultivez votre différence !

Aujourd’hui, j’essaye de raconter au mieux toute mon expérience sur ce blog qui me passionne totalement. Une aventure si riche en apprentissage que j’essaye de faire le plus sincèrement possible.

Autour de moi, j’ai entendu tant de choses qui auraient pu me décourager de continuer. J’ai voulu arrêter des dizaines de fois mais quelque chose me retenait. Je me suis formée, j’ai appris et j’ai beaucoup travaillé.
Aujourd’hui, je suis toujours là, fière de ne pas avoir abandonné et d’avoir fait évoluer ma vocation malgré les difficultés.

J’ai toujours cette flamme en moi et j’ai appris avec le temps à m’en occuper précieusement. Et ma différence, je la cultive ! J’en ai fait un art ! Je n’ai pas baissé les bras, je me bats tous les jours pour exister et pour partager ma passion avec vous. 

C’est génial de pouvoir se replonger dans le passé et de mettre au clair ses émotions par l’écriture et le dessin.
Je vous invite à me laisser un commentaire et à me raconter votre point de vue sur votre parcours scolaire en écrit ou en dessin sur le groupe.

Avez-vous eu des difficultés dans votre parcours scolaire ?

Merci beaucoup pour vos anecdotes et vos réflexions.

* Source : www.insee.fr

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6 Comments

  • Valentine - Parents en Equilibre

    Quel tableau obscur de l’école…

    Pour avoir été élève, puis enseignante pendant 9 ans, je te rejoins sur la cruauté de ce système qui n’est malheureusement pas fait pour que chacun puisse exprimer ses talents et les choisir éventuellement comme voie professionnelle. J’ose tout de même espérer qu’il reste des êtres humains bons, profondément bienveillants, pour guider nos jeunes.

    J’ai essayé pour ma part de l’être et de toujours encourager la créativité en cours. Je me suis même former à l’art-thérapie lorsque j’étais jeune enseignante car je sentais qu’il me fallait d’autres outils pour accompagner mes élèves. Avec moi les élèves ont écrit des chansons, monté des vidéos, réalisé de collages, créé des blogs, dessiné des pubs, joué des personnages… et j’enseignais l’italien. Ces moments où les élèves s’exprimaient “différemment” resteront les plus beaux 🙂

    • Charlotte Payen

      J’aurais aimé être ton élève ! Peut-être dans une autre vie 🙂 Merci pour ton commentaire Valentine !

  • florie

    Pour ma part clairment les cours d’art plastique au collège m’ont freiné dans le développement de mes activités créatives, une prof avec qui ça ne passe pas et on passe vite à autre chose, dommage parce que j’adore les activités créatives et manuelles j’y reprends goût avec mes enfants ^^

    • Charlotte Payen

      C’est fou comme un enseignement peu créer des blocages ou des passions ! Comme quoi il est important d’être à sa place pour pouvoir briller et éclairer les autres de la meilleure des manières !
      Merci pour ton commentaire Florie !

  • Laurent

    Bravo et merci pour ce témoignage touchant Charlotte ! Finalement l’orientation ne semble pas avoir été un problème pour toi mais plutôt un manque de soutien et d’accompagnement par les structures éducatives, n’est-ce pas ? Penses-tu que pouvoir développer ta pratique artistique plus tôt t’aurait aidé à mieux mûrir un projet professionnel ? 🙂

    • Charlotte Payen

      Bonjour Laurent et merci pour ton commentaire !
      Pour ma part, j’ai développé ma pratique artistique très tôt. Je pense que les élèves ont besoin d’être accompagnés tout au long de leur scolarité. Qu’on leurs fasse découvrir un maximum de domaines et qu’ils puissent faire des expériences avant de se lancer dans le monde du travail. Et qu’ils puissent mûrir un projet professionnel… 🙂

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